jeudi 29 octobre 2009


Salut camarade,


Excuse cette familiarité, que tu assimileras à de la nostalgie marxiste, mais je te le dis quand même : salut camarade.


jeudi 24 septembre 2009

Extrait

110 personnes sont venues voir ce blog. J'aurais aimé pouvoir offrir du champagne à ces visiteurs, fussent-ils narquois ou méprisants pour ce site.

Alors, je donne un extrait de livre. Lequel ? Bienvenue à Sarkoland. c'est un livre inconnu de tous, y compris de mes propres amis, de ma famille.

Je rappelle qu'il est disponible sur Le Manuscrit.com (et les habituelles librairies en ligne telles Alapage ou Amazon).

"... En tout cas, Zébulon ne s’assoit pas à la table ovale, mais invite l’équipe à s’installer tout autour. De toute évidence, il veut garder l’avantage de la grandeur, de la taille dominante, et seul ce subterfuge peut permettre d’atteindre cet objectif difficile. Ainsi, en compagnie des chefs d’états du monde entier qui mesurent dans les deux mètres, il paraît aussi grand qu’eux, parfois plus grand qu’eux, photos truquées ou pas. Monsieur G n’arrête pas de parler, de vanter son équipe, les résultats obtenus, les stratégies suivies, les idées accouchées, les préceptes du monde nouveau respectés. La conversation, un monologue dont les différents accents font croire à plusieurs voix entremêlées, bat son plein mais Alex s’agace des insupportables « je » qui l’émaillent, comme si la première forme du singulier, autrefois bannie du discours public car trop révélatrice de pitoyable vanité, était devenue la seule forme d’expression possible. Et le « nous « ? Le « nous » est devenu très vilain, selon les communicants et communicateurs, ces fameux professionnels dont les idées saugrenues et les préceptes loufoques alourdissent, polluent, défigurent le nouveau siècle. Dehors, le jour vient en marge. Toute l’équipe pétrifiée d’émotion regarde, écoute, dévore le Zébulon. Soudain, le GP se rehausse sur les talons, pose la main sur le bureau, se penche à moitié, dodeline de la tête, et marmonne :
- Je vais vous faire une confidence…
La confidence, très intime et très personnelle, est qu’il n’aime pas les assassins et les voleurs, les violeurs et les resquilleurs. Jeff applaudit, Tony opine du chef, Dan lève les bras au ciel comme pour un but en lucarne, le soir de la finale. Ambre se penche vers Alex :
- Tu vois, c’est formidable !
- Pourquoi ? Quelqu’un aime les assassins ?
- La gauche, elle aime les assassins…
Le coup de la confidence marmonnée se répète dix ou quinze fois, à tous les propos. Chaque fois, les jeunes gens s’extasient. Chaque fois, il s’agit d’enfoncer des portes ouvertes, de débiter d’orgueilleuses sottises sous prétexte de bon sens populaire. Alex en a les jambes sciées, déjà que le talon rougissait sous la douleur, et il glisse dans sa chaise. Peu importe que l’on écoute le GP assis, couché ou debout pourvu qu’on l’écoute et qu’on paraisse plus petit que lui. C’est une réunion informelle. Tony filme ce moment d’histoire avec son téléphone miniature qui possède toutes les fonctions modernes. La bande vidéo sera inévitablement diffusée sur Internet. Monsieur G attendait surtout que l’on aborde un certain sujet et le GP, à qui rien n’échappe, ne manque pas de venir sur ce terrain.
- Quant au nouveau nom, pour le pays, je vais vous faire une confidence…
Tout le monde ou presque, sauf Alex, retient sa respiration.
- Nous ferons un « Grenelle » du nouveau nom…"

samedi 15 août 2009


Don Quichotte est de retour...

Quelqu'un(e), un(e) inconnu(e) que j'embrasse, a acheté DQ, Don Quichotte de l'encre rouge, roman sorti en 2007.

Bises aussi aux 99 visiteurs, qui ont perdu une petite minute de leur temps pour regarder cette page.

Pour le reste, pour imaginer que j'ai des choses plus drôles ou intéressantes à dire, il faut se plonger dans les livres !

dimanche 2 août 2009

Retour de vacances :

Et LA MONEDA ? Ce roman est si peu lu, si peu commenté... Bon, il est vrai que j'ai concentré mes efforts sur LA JAVA DES MENDIANTS, compte tenu des compliments reçus...

Mais, DQ Don Quichotte de l'encre rouge, La Mistoufle, Bienvenue à Sarkoland ne sont pas oubliés, je le jure !

mercredi 15 juillet 2009


La java d'un auteur sans lecteur

Voilà, les rares lecteurs de La java des mendiants me font part de leur enthousiasme. Je sais, vous pensez "ce type ne manque pas d'air !" Bon sang ! c'est mal me connaître que de croire à ma propension à l'exagération et à l'auto-satisfaction. Ils aiment ce livre, qui puis-je ?
Allez, un extrait, oui, nu sur la scène...
Au Palace, on essaye aussi de nouveaux artistes. La mode est aux duos. Ainsi Charles et Johnny y vont de leur prestation siamoise. L’un est au piano quand l’autre, un blondinet aux airs de mouton fou, sautille et chante. Toutes les femmes dans la salle tombent sous le charme du mouton. Charles a du talent, personne ne peut dire le contraire, et ce talent se façonne dans le swing. Quel rythme ! Sans même s’en rendre compte, Il flanque un coup de vieux aux Préjean, Chevalier, Milton… Bien sûr, ces gars ont encore de beaux jours… Mais attention à la bourrasque swing ! Charles, lorsqu’il a fini, regarde les vedettes consacrées, et particulièrement la grande Fréhel. Elle lui fait peur, il reste bouche bée. Tout de même… Cette présence, ce métier… Dans son Languedoc natal, il en a connu des petits cirques, avec des attractions spéciales… A Paris, il a fréquenté la Foire du Trône. Il y songe en écoutant la môme Catch-catch. Alors, plus tard, la voyant au bar, il ne peut s’empêcher de l’aborder, avec tout le culot d’un garnement de vingt piges, il s’exclame :
- Ma parole ! Vous êtes un phénomène de foire !
D’un seul mouvement de poitrine, elle écraserait le mouton. C’est ce qu’il mériterait. Elle pourrait aussi demander à des loupiots pas distingués de lui briser les jambes. Ainsi il ne bondirait plus jamais. Encore plus efficace : elle convoquerait son ami boxeur, qui rentrerait tout de suite en France et viendrait cogner Charles. Plus de dents, plus de swing… Elle commande un autre whisky.
- Je suis une bête de foire ? Tu t’appelles comment ?
- Trénet.
Ce soir, elle est fatiguée. Dranem vient de mourir. Dranem ! L’imbécile heureux ! Le type ridicule avec un chapeau trop petit sur le crâne ! Celui qui chantait les chansons les plus idiotes de la terre… Pétronille, tu sens la menthe… Comme elle l’aimait ! Comme elle l’admirait ! C’était la drôlerie 1900, avant la grande boucherie, avant l’exil, c’était franche rigolade, on croyait le soleil solidement planté à l’horizon… Charles n’a pas connu ça. Il dit que l’inspiration lui vient grâce à elle. Il a écrit deux chansons pour elle. Déjà ? En une soirée ? C’est la manière du jeune homme si doué pour se faire pardonner son impertinence. Elle ne repousse jamais un auteur. Si elle suscite l’envie d’écrire chez les jeunots, alors, tout va bien… Bête de foire ou pas. Enfin, le mouton à l’imagination fertile ne renie pas sa terrible comparaison puisque l’œuvre s’appelle Le fils de la femme-poisson, dans l’esprit de la Môme catch-catch. C’est l’histoire surprenante du rejeton de la femme à barbe qui ne peut épouser la femme sans tête… On ne quitte pas les limites du champ de foire. Charles a de la chance ; Fréhel adore ce type de situation, elle y prend plaisir car, en grande dame, elle ne redoute pas sa propre caricature, ni de se moquer d’elle-même, ni d’en rajouter dans la mise en scène de son personnage. Encouragé, Charles sort de sa poche La valse à tout le monde. Elle lui dit :
- On va se marrer.